Le vote blanc est un vote noir : Appel à voter Emmanuel Macron contre Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles

par Geneviève Morel, psychanalyste à Paris et à Lille

 Le second tour de l’élection présidentielle oppose deux candidats absolument incomparables.

MLP objecte aux principes de la République française. Elle est contre les droits de l’homme, puisqu’elle stigmatise une part importante des Français, ceux issus de l’immigration, ainsi que tous les étrangers séjournant sur notre sol. Le prouvent ses idées atroces de supprimer la scolarisation gratuite des enfants d’étrangers ou d’introduire une carence de soins pour les travailleurs étrangers alors même qu’ils cotiseraient en France. Sa suppression de l’AME, qui ne coûte presque rien à la Sécurité sociale et implique un danger épidémique public selon l’ONG Terra Nova, vise précisément les étrangers. Autre point : la liberté de la presse et d’expression (manifestations et réunions) sera supprimée comme c’est déjà le cas dans les communes FN : finie « La nuit debout » et les stand up, chers à tous les contestataires ! Finis les blogs divers car la liberté d’internet sera limitée avec l’instauration du protectionnisme et de l’autoritarisme, comme actuellement en Chine ou en Turquie.

Il ne faut donc pas comparer terme à terme les programmes des candidats. C’est un piège car le présupposé de celui de MLP est impossible à accepter : on ne parle pas des bienfaits du fascisme ou du nazisme, on ne compare pas leurs programmes avec ceux des démocrates.

Le vote blanc est un vote noir

 Dans cette élection, le vote blanc n’est pas blanc ni neutre : à minima, il consolidera la proportion des votes MLP et donnera à celle-ci une légitimité insupportable dans tout le quinquennat. Et surtout, il pourrait bien la faire gagner grâce à l’effet boule de neige bien connu des sondeurs et des mathématiciens : je ne me salis pas les mains avec le socio-libéral Macron, je laisse les autres le faire à ma place et, dimanche, alors qu’on n’y croyait pas, elle gagne !

Il faut par ailleurs lutter vigoureusement contre certains sophismes diffusés aujourd’hui comme des évidences. Deux exemples.

Sophisme n°1 : « néo-libéralisme = fascisme » ou, autre version, « le néo-libéralisme a fait monter le FN »

Cette hypothèse de la genèse du totalitarisme n’est pas prouvée, c’est un dogme récent. On débat encore des causes complexes du nazisme, or le néo-libéralisme n’existait pas encore. En revanche, le racisme et l’antisémitisme, eux existaient déjà et ont eu les effets que l’on connaît (Shoah). Les régimes autoritaires sont souvent issus de doctrines révolutionnaires aux mains de leaders autoritaires qui ont, pour certains, conquis le pouvoir grâce aux urnes (Amérique du sud, Russie, Moyen-Orient, Europe, etc.) La démocratie n’est pas un populisme. Grâce à leur vote, elle protège les citoyens contre la manipulation sauvage des masses par le pouvoir et ses référendums démagogiques, d’où l’importance cruciale du vote du 7 mai.

Il est vrai que le libéralisme sauvage fait monter la colère et la révolte et que celle-ci, à cause de la carence contemporaine des mouvements de gauche a souvent pris dernièrement le visage, grimaçant sous l’opacité de divers masques, de populismes à tendance fascisante. La mondialisation sauvage doit évidemment être combattue pied à pied, et c’est d’ailleurs l’axe principal du programme d’Emmanuel Macron - on le voit si on le lit attentivement sans préjugés.

Sophisme n°2 : « Voter Macron aujourd’hui amènera le FN au pouvoir en 2022 ».

Au contraire, voter Macron aujourd’hui infligera une défaite sévère au FN dont il ne se relèvera peut-être pas. Vu les divisions de ce parti issu du pétainisme et de l’OAS, familial et sclérosé, il sera affaibli par sa défaite aux urnes et pourrait finir de se défaire pendant les 5 ans du quinquennat. Un vote énergique contre MLP dimanche 7 mai stopperait même l’expansion populiste en Europe, d’où notre immense responsabilité, qui dépasse largement nos frontières.

Consolider MLP dimanche, c’est au contraire pérenniser sa place, finir de la banaliser pour la jeunesse, parfois inconsciente de l’Histoire. C’est interdire aux mouvements anti-FN de gauche ou d’extrême gauche de rester dans l’opposition pour lutter contre les abus car ils en seront empêchés.

Bref c’est une proposition aussi suicidaire que : « me tuer aujourd’hui m’évitera de mourir demain ».

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