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SUMMARY:28ème colloque de l'ALEPH et du CP-ALEPH
DESCRIPTION:L’enfance de l’art \nDans les Mémoires d’un homme invisible\, le metteur en scène Herbert Graf témoigne de son intérêt précoce pour l’art. Né en 1903 à Vienne\, il allait à l’opéra avec son père\, puis s’exerçait à « reproduire les merveilles qu[’il] avait vues » avec un théâtre miniature\, un jouet construit avec sa sœur. Nous le connaissons grâce à Freud\, sous le nom du « petit Hans »\, le seul cas d’enfant qu’a publié le créateur de la psychanalyse en analysant sa phobie des chevaux. C’est à l’adolescence qu’Herbert a décidé de devenir metteur en scène\, influencé par un célèbre et novateur metteur en scène de théâtre\, Max Reinhardt. Lorsqu’il monte une scène de Jules César dans son école\, il accorde moins d’attention aux nuances du texte shakespearien qu’à la « populace hurlante et sifflante » – Freud avait noté sa terreur du « charivari » causé par des cavalcades de chevaux sur les pavés de la ville. Le métier auquel il s’est dédié\, – variations autour de la voix et du regard -\, apparaît comme la suite – une solution peut-être -\, de son symptôme phobique infantile. \nExiste-t-il un désir d‘art et s’enracine-t-il dans l’enfance ? Prend-il la suite d’un symptôme comme dans le cas d’Herbert Graf ? \nC’est ce dont semblent témoigner de nombreux réalisateurs (trices) en articulant\, dans un film d’élection\, leur désir précoce de cinéma aux péripéties romancées de leur vie scolaire et familiale – non sans qu’y affleure l’intensité de leurs symptômes\, inhibitions et angoisses : par exemple Ingmar Bergman dans Fanny et Alexandre (1982)\, François Truffaut dans Les quatre cents coups (1959)\, Jane Campion dans Sweetie (1989) ou Steven Spielberg avec The Fabelmans (2022). \nPourtant\, on retient souvent de la psychanalyse que l’artiste est celui qui sait sublimer la pulsion sexuelle en œuvre d’art – une désexualisation de la pulsion qu’on a reprochée à Freud comme une contradiction. Or\, dans son étude sur Léonard de Vinci\, Freud soulignait que la sublimation des pulsions n’empêchait pas la survenue de symptômes graves. En effet\, l’artiste italien sublime sa pulsion sexuelle en une puissante pulsion de recherche qui engloutit sa vie sexuelle et installe une grande inhibition artistique : il laisse ses œuvres en plan. Cliniquement\, sublimation et symptômes ne s’excluent donc pas – une voie que Lacan va explorer théoriquement pendant des années. \nEn effet\, en mettant d’abord en évidence la prévalence de l’imaginaire au principe de la création chez l’artiste\, il suivait Freud lorsqu’il affirmait : « l’œuvre poétique\, comme le rêve\, (sont) la continuation et le substitut du jeu enfantin de jadis »\, et cherchent à corriger la réalité insatisfaisante par le fantasme. Mais\, souligne Lacan\, la part insatisfaite et pourtant motrice du désir inconscient devient un reste échappant à toute symbolisation\, qui joue un rôle décisif dans les processus créatifs. Il invite alors les psychanalystes à « étudier les œuvres d’art non plus comme des formations de l’inconscient mais comme des réalisations du symptôme de l’artiste ». \nIl apporte un exemple radical de cette nouvelle approche dans son séminaire de 1975-1976\, Joyce le sinthome\, avec l’écriture comme « sinthome » chez James Joyce. Cet avatar lacanien du symptôme n’est plus une formation de compromis entre désir et refoulement s’appuyant sur un fantasme\, mais un nouage du réel\, de l’imaginaire et du symbolique\, soutenant la réalité en permettant à l’artiste de se faire une œuvre et un nom. \nAvec quels outils la psychanalyse traite-t-elle de l’enfant-créateur et de l’enfant-qui-est-devenu-un-artiste ? Comment le corps et ses pulsions interviennent-ils dans ces processus ? À la suite des psychanalystes Otto Rank\, Melanie Klein\, Donald W. Winnicott\, Jacques Lacan et de nombreux autres\, notre colloque s’intéressera au rapport de l’enfant à l’art – qu’il soit transitoire ou débouche sur des œuvres effectives -\, à travers des études de cas d’enfants\, d’adolescents et d’adultes. Des témoignages d’écrivains et d’artistes à travers l’analyse de leurs œuvres seront également mis à contribution. \n1 Herbert Graf\, Mémoires d’un homme invisible\, (quatre interviews réalisés par Francis Rizzo\, parus dans la revue Opéra news\, les 5\, 12\, 19 et 26 février 1972\, trad. F. Dachet)\, supplément n°3 de la revue L’unebévue\, EPEL\,1993. \n2 S. Freud\, « Analyse de la phobie d’un petit garçon de cinq ans » (1909)\, Cinq psychanalyses\, PUF\, coll. « Quadrige »\, 2008. \n3 S. Freud\, Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci (1910)\, PUF\, coll. « Quadrige »\, 2012. \n4 S. Freud\, « Le poète et l’activité de fantaisie » (1907)\, Œuvres complètes\, volume VIII\, PUF\, 2007. \n5 F. Kaltenbeck\, L’écriture mélancolique\, Paris\, Éres\, Point Hors Ligne\, 2020\, p. 189. \n6 J. Lacan\, Le Séminaire\, Livre XXIII\, Le Sinthome (1975-1976)\, Seuil\, 2005.
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SUMMARY:Atelier III Clinique de l'enfant
DESCRIPTION:Premières expériences philosophiques de l’enfant \nFranck Dehon\, Dr Emmanuel Fleury \nLa parole et le langage des enfants autistes nous étonnent d’emblée. Sous des apparences illogiques ou absurdes\, on découvre une cohérence due à une rigueur syntaxique\, une exactitude souvent implacable et une préciosité singulière. L’exigence de ces constructions verbales n’a rien à envier à celles des bots de l’intelligence artificielle (IA). \nC’est ce qui a donné un aspect mécanique\, jusque dans sa prosodie\, aux déclarations de Joey\, dont Bruno Bettelheim a rédigé l’observation dans « L’autisme infantile et la naissance du Soi1 ». Son langage était artificiel et intelligent dans la mesure où ses créations paralogiques\, ses néologismes\, lui ont permis d’animer un monde – le sien\, fabriqué de toutes pièces – que personne n’aurait pu inventer à sa place en raison de l’univocité de ses expressions. \nOn peut affirmer le contraire des discours artificiels que produisent les grands modèles de langage informatiques (Large Language Models\, LLM). Ces programmes jouent sur la probabilité des significations possibles de l’expression. La polysémie et l’ambiguïté des mots génèrent un nombre peut-être infini de connexions possibles. Les LLM emportent d’autant mieux l’adhésion qu’ils proposent les liaisons de mots les plus répandues et les associations d’idées les plus éculées. Leur langage est d’autant plus crédible qu’il n’est pas le nôtre\, mais celui d’un Autre probable qui prétend exister. \nÀ cela\, l’enfant autiste a déjà répondu : l’Autre du langage n’existe pas – seul vaut son propre langage. En cela\, il démontre la vérité des affirmations de Sigmund Freud dans son article sur la Verneinung (1925). Dans la construction du sujet\, il existe un jugement préalable d’existence. L’artifice de l’IA étant de nous porter à croire que tout existe du moment que c’est formulé. \nLe jeune autiste nous montre que seul son langage a de la valeur. Quant au schizophrène – dont la structure est distincte de celle de l’autisme -\, Freud qualifiera son discours de « langage d’organe2 ». Dans un second temps\, dit Freud\, l’enfant aura à décider si ce qui est affirmé lui appartient ou non. \nCe sont ces questions d’affirmation\, d’existence et d’appropriation\, liées aux premières expériences de l’enfant\, que nous souhaitons aborder dans l’atelier – en nous appuyant sur les observations cliniques amenées par les enseignants et les participants ou empruntées à la littérature analytique. \n  \n\nBettelheim B.\, La forteresse vide\, NRF\, Gallimard\, 1969 \nFreud S.\, « L’inconscient »\, Métapsychologie\, Gallimard\, Folio/essais n° 30\, 1968\, p. 110-121\n\n\n\n\n\n  \nEn visioconférence (par Zoom).
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SUMMARY:Atelier IX Psychanalyse et littérature
DESCRIPTION:L’artifice poétique\, miroir des embrouilles du sujet \nAtelier animé par Claudine Biefnot\, Sibylle Guipaud \n« Jamais nous ne sommes davantage privés de protection contre la souffrance que lorsque nous aimons\, jamais nous ne sommes davantage dans le malheur et dans le sentiment d’impuissance que lorsque nous avons perdu l’objet aimé ou son amour. » Freud aurait pu être l’auteur de cette analyse qui rappelle les propos de son essai sur Le Narcissisme ou encore ceux de Deuil et mélancolie. Mais c’est Proust qui l’a écrite dans les conclusions de La Prisonnière et Albertine disparue\, comme s’il y avait une consanguinité des esprits entre le psychanalyste et l’écrivain. \nL’écrivain est un allié et un témoin pour Freud. Le psychanalyste affirme que l’écrivain sait ce qui ne relève pas de la science\, autrement dit le savoir de l’inconscient. Lacan fait un pas supplémentaire : « Je soutiens\, et je soutiendrai sans ambiguïté́ – et\, ce faisant\, je pense être dans la ligne de Freud – que les créations poétiques engendrent\, plus qu’elles ne les reflètent les créations psychologiques. » En effet\, c’est la lecture des poèmes de Goethe qui a décidé́ Freud à se lancer dans les études médicales. En outre\, Freud n’a jamais aussi bien élaboré́ ses théories que lorsqu’il a travaillé́ à partir des écrits de Schreber. \nNotre atelier entend montrer qu’il est fructueux de faire dialoguer la littérature et la psychanalyse. On pourrait objecter que faire une psychanalyse ce n’est pas réaliser une étude littéraire. Mais ce serait oublier que\, dans les deux pratiques\, l’art d’interpréter un poème – qu’il soit texte ou sujet – est au cœur du processus. \nL’atelier « Psychanalyse et Littérature » étudie les textes des grands écrivains qui font avancer l’élaboration des notions psychanalytiques\, autrement dit la compréhension de l’individu et de la société. La lecture par Lacan de grands écrivains du XIXe et du XXe siècles – en particulier les textes des auteurs issus du romantisme et ceux de Philippe Forest\, nous permettra de réfléchir au thème de l’année « Les artifices de l’intelligence (IA) et les embrouilles du sujet »\, prouvant ainsi non seulement l’actualité mais aussi la nécessité de la démarche de la psychanalyse appliquée à la littérature. \n1 Proust cité par Jean-Yves Tadié\, Le lac inconnu\, Gallimard\, 2012\, p.124. \n2 Jacques LACAN\, Le Séminaire\, Livre VI\, Le Désir et son interprétation [1958-1959]\, Paris\, Éditions de la Martinière\, 2013\, p. 295-296. \n\n\nEn visioconférence (Zoom) \n\n\n 
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SUMMARY:Atelier IV b Débuter avec Lacan\, le séminaire V\,  Les formations de l'inconscient (1957-1958)
DESCRIPTION:Atelier animé par Isabelle Baldet\, Frédéric Yvan \nComment aborder la lecture d’une œuvre aussi énigmatique que celle de Jacques Lacan ? Comment et dans quel ordre aborder ses nombreuses références\, psychanalytiques\, philosophiques\, littéraires ou scientifiques ? Y-a-t-il un ordre ? une méthode ? doit-on procéder comme Champollion pour déchiffrer par recoupement les séminaires et écrits de Lacan ?  \nDestiné à ceux qui souhaitent découvrir avec nous cette œuvre qui a révolutionné la psychanalyse après Freud\, nos ateliers procèdent avec une méthode simple : la lecture suivie en commun d’un texte de Lacan ; lecture linéaire ou composée qui s’attache à en expliciter précisément les enjeux. \nL’atelier\, divisé en deux groupes – limités chacun à une dizaine de participants – est conçu pour privilégier les questions et favoriser le dialogue et l’interaction. \nNous procéderons à une lecture séance après séance de ce séminaire\, en nous attachant à déployer ses points théoriques de sorte que l’atelier soit abordable à tous les participants. Ceux-ci sont invités à y apporter leurs questions\, commentaires ou réflexions personnelles. \nL’atelier IV b\, animé par Isabelle Baldet et Frédéric Yvan\, sera consacré à l’étude des concepts clefs développés dans le séminaire V\, Les formations de l’inconscient (1957- 1958) : le désir et la demande\, le rapport signifiant-signifié\, le grand Autre\, la forclusion\, la métaphore paternelle... Ces éléments permettent de poser les bases de l’enseignement de Lacan et de comprendre son abord novateur de la psychose. Cet atelier s’adresse tout particulièrement aux personnes qui n’ont pas encore lu Lacan mais souhaitent se familiariser avec sa théorie. \nDes repères bibliographiques précis seront donnés à chaque séance. \nUniquement en visioconférence (par Zoom)
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SUMMARY:Atelier IV a Débuter avec Lacan\, le séminaire XII\, Problèmes cruciaux pour la psychanalyse (1965)
DESCRIPTION:Atelier animé par Marie-Amélie Roussille\, Bénédicte Vidaillet \nComment aborder la lecture d’une œuvre aussi énigmatique que celle de Jacques Lacan ? Comment et dans quel ordre aborder ses nombreuses références\, psychanalytiques\, philosophiques\, littéraires ou scientifiques ? Doit-on procéder comme Champollion avec les hiéroglyphes pour déchiffrer Lacan et ses formules parfois énigmatiques ? \nDestiné à ceux qui souhaitent découvrir comment Lacan a révolutionné la psychanalyse après Freud et ses élèves\, nos ateliers procèdent avec une méthode qui a fait ses preuves : la lecture en commun d’un texte de Lacan – lecture linéaire ou composée qui s’attache à en expliciter précisément les enjeux. \nL’atelier\, divisé en deux groupes – limités chacun à une dizaine de participants – est conçu pour privilégier les questions et favoriser le dialogue et l’interaction. \nDans l’atelier IV a\, Marie-Amélie Roussille et Bénédicte Vidaillet commenceront la lecture du Séminaire XII\, Problèmes cruciaux pour la psychanalyse. Alors que le séminaire précédent\, celui des Quatre concepts fondamentaux\, avait valeur de synthèse finale d’une première époque où chaque séminaire était marqué par un rapport très étroit à un texte de Freud\, Problèmes cruciaux ouvre une deuxième période où les séminaires porteront plus directement sur les apports originaux de Lacan. Le Séminaire XII permet d’approfondir des propositions essentielles de la spéculation lacanienne : le signifiant qui représente le sujet pour un autre signifiant\, l’introduction de la topologie avec la bouteille de Klein\, la bande de Moebius\, le tore et le cross-cap\, l’expérience du bouquet renversé\, la refente du sujet\, le réel comme impossible\, etc. Le séminaire part de l’articulation du sujet au langage et conduit à l’objet petit a. \nNous procéderons à une lecture séance après séance de ce séminaire\, en nous attachant à déployer ses points théoriques de sorte que l’atelier soit abordable à tous les participants. Ceux-ci sont invités à y apporter leurs questions\, commentaires ou réflexions personnelles. \nDes repères bibliographiques précis seront donnés à chaque séance.
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