19ème colloque de l’ALEPH et du CP-ALEPH :

"Ambitions pour l’enfant / L’ambition des enfants" (Lille)

19ème colloque de l’ALEPH et du CP-ALEPH

Samedi 24 mars 2018
à Lille - SKEMA : Amphi A

BULLETIN D'INSCRIPTION
PROGRAMME

L’ambition emprunte sa force au désir de l’autre, fantasmatique ou réel, sans s’y réduire. Son intérêt réside dans l’orientation décisive qu’elle donne à la vie du sujet, qu’il s’agisse de son ambition ou, s’il est encore trop jeune ou timide, de celle de ses parents, professeurs ou camarades. Les buts de l’ambition sont multiples : médiocres, nocifs, criminels ou innovants, géniaux ou inouïs… Moins ils seront définis dans un langage conventionnel, plus ils auront la chance d’être inattendus. Le père de Beethoven était, paraît-il, un ivrogne qui réveillait son fils en pleine nuit pour qu’il étudie son piano. Mais ne pressentait-il pas aussi que son fils irait très loin comme musicien ? Celui ou celle qui conçoit une ambition pour son enfant ne doit-il/elle pas avoir l’intuition de ce que cet enfant sera un jour capable de faire ?

Découverte du savoir nouveau de l’inconscient et invention d’une pratique inédite, la psychanalyse (et avant tout celle avec les enfants) est devenue très tôt la proie des normes et des règlements. Au cours de ses premières années, l’enfant encore infans, c’est-à-dire avant qu’il ne parle, semble échapper à toute rationalité. D’où le déchaînement de la fibre éducative de certains psychanalystes comme Anna Freud, à rebours des intuitions sauvages d’une Mélanie Klein, que Lacan qualifiera avec respect de « grande tripière ». Un enfant doit rester à sa place et, selon une lecture triviale de Donald W. Winnicott, une mère doit être « suffisamment bonne » tandis que, selon certains élèves de Lacan, un père doit prendre la place d’un fier représentant de la loi avec un grand L. Ce fanatisme normatif, inconnu des pionniers et innovateurs, repose sur un malentendu : la confusion entre le symbolique et le réel. Aucun des trois acteurs du triangle familial ne saurait prétendre à être un pur nom. Le père ne remplit sa fonction que s’il ne verse pas dans une logique identitaire du style « un sou est un sou » ou « à la guerre comme à la guerre ». Il n’a donc pas à « jouer le père ». La mère ne peut répondre à la demande d’amour de son enfant, soit à la demande de sa présence, que si elle est aussi une femme qui sait ce qu’elle désire chez son partenaire. Et un enfant ne veut pas toujours rester enfant – ce serait plutôt inquiétant ! Il veut avant tout sortir de sa misère infantile pour devenir grand. Et on sait que, dans certaines familles, les vrais enfants sont les parents !

Freud a bien compris que « l’amour des parents [pour leur enfant,] si touchant et, au fond, si enfantin, n’est rien d’autre que leur narcissisme qui vient de renaître » dans une sorte de régression :
« L’enfant aura la vie meilleure que ses parents, il ne sera pas soumis aux nécessités dont on a fait l’expérience qu’elles dominaient la vie. Maladie, mort, renonciation de jouissance, restrictions à sa propre volonté ne vaudront pas pour l’enfant, les lois de la nature comme celles de la société s’arrêteront devant lui, il sera réellement à nouveau le centre et le coeur de la création. His Majesty the Baby…(1) »
Or, le désir des parents pour leurs enfants est-il toujours aussi caricatural que le rêve d’avoir une fille actrice ou un fils héroïque ? N’y-a-t-il pas aussi l’ambition, légitime et réaliste, que leurs enfants réussissent, mais aussi parfois une ambition mal placée qui peut tout gâcher ? Toute ambition serait-elle d’ordre narcissique, un rêve destiné à gonfler les narcissismes des parents ?
Que nenni ! Qui n’a rencontré des parents qui ont investi un désir authentique et beaucoup de labeur dans la réussite de leur progéniture ?
Et n’a-t-on pas non plus décrit l’envers de la médaille – le renoncement d’une mère à son propre bonheur et à sa carrière, pour que son fils entre dans une grande école ?
Lacan est assez clair sur ce point : un enfant qui n’est investi d’aucun désir parental pour son avenir entrera dans la vie avec un handicap. Mais il aborde, avant tout, le problème en amont. Ainsi au moment oedipien du garçon, quand il reproche par exemple au père du petit Hans de ne pas assurer sa fonction de père et de manquer à être un père jaloux à l’instar du Dieu des Juifs (2). Le verbe allemand qui a inspiré cette interprétation a été prononcé par le petit Hans : eifern (montrer du zèle, s’enflammer) et se retrouve en effet dans Eifersucht (la jalousie). Lacan tire ce verbe dans le sens de cet affect social, qui est pour lui fondamental.

L’enfant reçoit un don plus important que tous les autres : une mère ne dispense pas seulement des soins à ses enfants, elle leur offre aussi « ce qu’elle n’a pas », son amour. Or, ce don limpide est trouble aussi, car elle envoûtera son enfant, en plus, avec la jouissance dont est chargée « lalangue » qu’elle lui parle (3). Et elle réconfortera l’image du moi de son enfant : elle lui apprendra à « parader (4) ». Cette jouissance nourrira la créativité des uns et le symptôme des autres.
L’ambition résulte d’un calcul et elle paraît nécessaire. C’est un fait social. Aurait-on besoin d’être ambitieux si l’on était seul sur terre ? Dans ses formes pathétiques, l’ambition se présente comme un symptôme transmis par les parents et fondé sur la rivalité, donc un produit du surmoi social collectif : il y a de la concurrence donc il faut se bousculer au portillon du succès. Seuls quelques surdoués échappent à la dure réalité de cette loi d’airain en traçant tous seuls leur voie. Or tout le monde n’est pas Mozart. Et le désir seul ne suffit pas à guider les prétendants vers la réussite. C’est pourquoi une ambition a souvent besoin d’être soutenue : par des proches ou des maîtres. Quand un enfant n’a pas les moyens correspondant à la démesure de ces volontés externes, c’est alors l’échec, toujours cuisant.

L’ambition, « désir ardent de gloire » (Littré), « appétit, faim des honneurs » (Robert) est peut-être une conséquence de cette jalousie que Hans a exigée (5) de son père. Elle tient compte d’une faille de l’être parlant : le parlêtre sait rarement ce qu’il veut. Même bien engagé sur sa trajectoire, les doutes vont le ronger. L’ambition, reçue comme une demande de l’Autre, l’éperonne là où défaille l’aile de son désir, malgré le fantasme qui soutient celui-ci. À la différence de l’intimité du fantasme, l’ambition est un moteur « extime ». L’autre, l’ami ou l’adversaire, est sur les rangs ; il vous regarde, voire vous vous regardez en lui ! L’ambition s’étale ainsi sur une scène réelle, à la différence du cirque de l’obsessionnel. Sujet divisé, ce névrosé se trouve à la fois « dans la cage de son narcissisme » et dans la loge de son maître, à la place de celui-ci, devenant celui « qui ne peut se voir (6) ». En revanche, le sujet ambitieux réalise son rêve ou le rêve de ses parents, et entre dans l’arène sociale pour la transformer, dans de rares cas, en une scène de l’Histoire.
Notre colloque suivra l’ambition à la trace. Où et avec qui commence-t-elle ? Comment et par qui est-elle orientée ? Y a-t-il une ambition propre à l’enfant ? Quelles sont les figures de cette ambition ? L’analyste peut-il les déchiffrer dans le jeu des enfants ? Et à l’école ? Comment un élève manifeste-t-il ses ambitions ? La timidité est-elle un facteur d’inhibition de l’ambition infantile ? L’ambition est-elle, après tout, toujours nécessaire, n’est-elle pas parfois nuisible ? La différence sexuelle y joue-t-elle un rôle ? Quelles sont ses pathologies ? Comment est-elle traitée par les psychanalystes, dans la littérature, au cinéma ? Si son but est atteint, quel est le destin de la pulsion qui l’a portée ?

1 Sigmund Freud, « Pour introduire le narcissisme », in La vie sexuelle. Paris, PUF, 1969, p. 96. Traduction : Jean Laplanche.
2 Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre IV. La relation d’objet. Texte établi par Jacques-Alain Miller. Paris, Le Seuil, 1994, p. 402. Sigmund Freud, Le petit Hans. Analyse de la phobie d’un garçon de cinq ans. Traduction de l’allemand par Céderic Cohen Skalli. Préface de Sébastien Smirou. Paris, Petite Bibliothèque Payot, 2011, p. 154. Le traducteur traduit eifern par « s’emporter » mais ce verbe français correspond plutôt au verbe allemand ereifern qui n’est pas synonyme du verbe (rare) eifern.
3 Cf. Geneviève Morel, La loi de la mère. Paris, Economica, 2008, p. 12.
4 Cf. Jacques Lacan, Le Séminaire, livre XVII. L’Envers de la psychanalyse. Texte établi par Jacques-Alain Miller. Paris, Le Seuil, 1991, p. 89.
5 L’échange entre le père et le fils, page 154 de la traduction, est d’une grande profondeur. Le père nie « faire du zèle » (eifern). Il affirme que « ce n’est pas vrai » et Hans fait semblant de prendre cette réponse pour une dénégation quand il rétorque : « Si, c ‘est vrai ». En vérité, il dit à son père : « Tu devrais faire du zèle » (sous-entendu « quand je monte dans le lit de maman ». Lacan a parfaitement saisi la dialectique subtile de Hans !
6 Jacques Lacan, « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », in Écrits, Paris, Le Seuil, 1966, p. 304.

Les intervenants au colloque sont :

- Paul AUDI, Paul Audi est philosophe. Membre statutaire de l’équipe de recherches PhiléPol à l’Université Paris-Descartes et siégeant au comité de rédaction de la revue Cités, il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, dont la plupart sont consacrés aux relations entre l’éthique et l’esthé­tique en Occident et à l’époque moderne. Dernièrement, il a notamment publié Lacan ironiste (Mimesis, 2015) et Au sortir de l’enfance (Verdier, 2017).

« Que faire de l’ambition des siens pour soi? Réflexions sur les cas de Sartre et de Gary ».

Romain Gary et Jean-Paul Sartre ont au moins ceci de commun qu’ils ont l’un comme l’autre, et quasiment la même année, fait état de la naissance de leur vocation d’écrivain en l’abordant en termes d’assignation produite par l’Autre. Très jeunes, ils auraient entendu un « Tu seras… » qu’ils se sont empressés d'interpréter, non sans ironie, bien moins comme un commandement que comme une prophétie auto-réalisatrice. Aussi, sous couvert de liberté, évidemment, se sont-ils appliqués à devenir ce que l’ « on » voulait qu’ils fussent. Ainsi ils ont fait du désir de l’Autre la lance de leur propre destinée. Mais comment en ont-ils rendu compte? Et en disent-ils la même chose? Quels enseignements en ont-ils retenus? Et enfin, et surtout, quelle leçon la psychanalyse pourrait-elle en tirer, c’est-à-dire, et pour ne prendre ici qu’un exemple, à quels ajustements la notion « névrose de destinée » pourrait-elle se plier au regard de leurs expériences subjectives respectives ? 

 - Aline BOURJOT, Psychologue clinicienne, membre de l'ALEPH :

"Il arrivera comme les autres mais pas par le chemin de tout le monde"

C'est par ces mots que la mère de Claude, petit garçon présentant des traits autistiques, a soutenu le cheminement de son enfant. Le cas dépliera le parcours de Claude pour sortir de l'enfermement où l'avait plongé un traumatisme précoce. Animé par sa propre ambition de grandir et soutenu par celle de sa mère qui lui reconnait sa singularité ( alors que l'autre le trouve souvent "particulier"), Claude nous mettra en position d'être le guide qui le suive dans son cheminement vers le symbolique.

 - Emmanuel FLEURY, Psychiatre, CMPP Henri Wallon de Roubaix-Tourcoing, membre du CP-Aleph :

« On tue un enfant ».

 Isaac se livre à l'écholalie avec insistance. C'est ce qu'il oppose aux ambitions de l'autre.

A l'éducateur qui lui explique que « le lion rugit », à grand renfort de supports visuels, il répond : « lionrugit ». A son père qui s'inquiète de ses capacités à résoudre une équation à trou et qui lui demande « trouves le chiffre manquant », Issac dit : « chiffremanquant ! ».

Son écholalie répond à l'ambition que l'autre lui manifeste, analogue dans ce cas, au désir de l'Autre.

Si un enfant répète une question que vous lui posez, en écho, si il agite ses mains sans cesse devant ses yeux, s'il tourne à l'infini sur lui-même comme une toupie, c'est qu'il est poussé à le faire. Cette répétition a deux aspects. C'est une jubilation qui signale une butée. C'est aussi une question portant sur le signifiant dans ce qu'il peut avoir d'équivoque. Visant à dissoudre son « pouvoir de division » 

Pour Isaac, il s'est avéré qu'il s'agissait d'une ébauche qui organise son rapport à ce qui le cause. Son écholalie a débouché, au fil des séances, sur une formulation qui a pris la forme d'un : « on tue un enfant ». Il s'avère que ce fantasme croisait la route de l'ambition de son père. Issac y a répondu en suivant sa propre voie.

Cette visée consistant à nouer la jouissance au signifiant, les analystes se sont donné pour tache de l'encourager. Les enfants nous incitent à suivre cette voie de ce qui cause notre angoisse et de tenter de le cerner. Et c'est une voie divergente....

- Daisuke FUKUDA, Docteur en psychanalyse de l’université de Paris VIII, maître de conférences à l’université Aoyama Gakuin (Tokyo). : 

" Les passions bonapartiennes dans l’enfance de Marie Bonaparte. L’idéal de sa mère disparue prématurément et sa grand-mère surmoïque trop présente me paraissent très intéressantes pour la mise en place de la psychanalyse en France.".

Marie Bonaparte (1882-1962) est un des premiers psychanalystes français qui introduit la doctrine freudienne en France. Ses ouvrages, aujourd'hui oubliés par la plupart des lecteurs de la littérature psychanalytique gardent quelque chose de réel et de subversif. Notamment, Les cinq caihers, composés d'un carnet qu'elle avait tenu pendant son enfance et quatre livres où Marie devenue analyste décortique les phrases et les images dudit carnet. La lecture de ce document nous permettrait de déceler la passion pour le nom, l'argent et l'Histoire transmise d'une génération à l'autre dans les Bonaparte. Cette passion n'est pas étrangère avec la transmission du réel d'un psychanalyste à l'autre et ce non seulement de Sigmund Freud à Marie Bonaparte mais aussi de Marie Bonaparte à Jacques Lacan qui prétendait le retour à Freud.  

- Franz KALTENBECK, Psychanalyste à Lille et à Paris, rédacteur en chef de Savoirs et clinique. Revue de psychanalyse, président du CP-ALEPH :

"Nom et ambiton"

Peut-on être en accord avec son nom ? Ce n’est pas évident pour certains, que leur malaise amène à se faire un nom, tout en  gardant le leur. En se faisant un nom, c’est eux qui changent. Mais tous n’ont pas la chance d’arriver à réparer ainsi leur rapport à leur nom propre.

Il y a  quelques temps, un homme est venu me parler du problème suivant : il ne se sentait pas digne de son nom, comme si celui-ci était un chapeau trop grand. En revanche un autre se plaignait de la faiblesse du sien.

Un nom peut faire défaut parce qu’il a été mal transmis par les parents à leur enfant. L’acte de nommer un enfant, ne serait-ce qu’en l’appelant quotidiennement et en lui expliquant de qui il descend, est donc fondamental.

Je montrerai, à propos de deux analysants, comment ils ont essayé de suppléer à leur nom, trop grand ou défaillant.

Avant d’entrer en analyse, le premier, qui ne se sentait pas à la hauteur de son nom, avait essayé de passer l’agrégation de philosophie à huit reprises. Le second, mécontent du nom reçu de son beau-père, avait préparé, pendant des années, le CAPES d’histoire, sans jamais oser se présenter à ce concours.

Ces deux analysants, venant de milieux sociaux très différents, avaient pourtant deux ambitions en commun :

  • ils voulaient acquérir le titre de « professeur », pour prouver à leurs familles qu’ils étaient devenus quelqu’un malgré leur désaccord avec leur nom propre.
  • Ils se sentaient attirés par la mission de transmettre un savoir à leurs futurs élèves.

L’analyse leur a en effet, donné d’abord accès à un savoir, celui de leur inconscient. Mais elle n’a pu répondre que partiellement à leurs exigences.

- Marie LENORMAND, Psychologue clinicienne en CMPP, chargée de cours à l’université de Provence Aix-Marseille, docteur en psychologie, agrégée de philosophie:

« Ambition d'une mère à l'œuvre dans l'écriture et la publication d'un cas de psychanalyse : La Petite Piggle ».

Publiée il y a 40 ans, en 1977, La petite Piggle de Winnicott est un cas de psychanalyse d'enfant assez longtemps éclipsé, voire « blacklisté » dans les années 1990 dans le monde anglo-saxon. Un regain d'intérêt, notable depuis ces dernières années, résulte, entre autres, de la décision de Gabrielle, surnommée la petite Piggle dans le cas, une femme aujourd'hui dans la cinquantaine, de faire son « coming out analytique », ie de révéler son identité, d'apporter son témoignage et d'ouvrir les archives afférentes au cas auprès de la communauté analytique.

L'une des singularités de la conduite de cette cure est de se réclamer de ce que Winnicott dénomme la « psychoanalysis partagé (shared) » (sic) – consistant à partager, avec les parents, le contenu de la cure mais également partiellement sa conduite, cette démarche allant jusqu'à la co-écriture du cas. Ce faisant, nous faisons l'hypothèse que ce dernier a étonnamment sous-estimé la question de la demande et du transfert parental et notamment maternel – notamment dans ce que ceux-ci peuvent être articulés au symptôme de l'enfant. Des éléments présents dans le cas – et corroborés par Gabrielle adulte – nous conduisent à faire l'hypothèse que ce cas émane, en partie au moins, d'une demande maternelle restée inanalysée. Nous serons ainsi amenés à interroger les incidences et la nature de « l'ambition » d'une mère à l'oeuvre dans l'écriture et la publication d'un cas de psychanalyse.  

- Geneviève MOREL, Psychanalyste à Lille et à Paris, présidente de Savoirs et clinique, membre du Conseil du CP-ALEPH :

« Prolongements d'ambitions, de mère en fille »

Vivre le rêve deviné de sa mère, tôt disparue, pour l’une ; mesurer l’obstacle de la réussite professionnelle dans le ratage de son rapport amoureux aux hommes et jeter son rejet des hommes à la tête de sa mère, pour une autre ; bafouer l’ambition maternelle qui l’enferme dans un carcan, pour une troisième. À travers témoignages cliniques, films et littérature, nous interrogerons les avatars de l’ambition féminine à différentes époques, et montrerons comment les filles déjouent/rejouent les plans de leur mère. Nous nous appuierons notamment sur la notion de « prolongement du symptôme » (Lacan, 1975).

Renata SALECL, Philosophe, chargée de recherches à l'Institut de criminologie de l'Université de Ljubljana, Slovénie. Centennial Professor at London school of economics and Overseas fellow at Churchill College at Cambridge, United Kingdom of Great Britain :

« L’anxiété de l'enfant à l’ère de la génétique »

Comment traiter de la question de l'être en période de génétique? Comment les enfants et les parents réagissent-ils aux connaissances sur les gènes et comment les possibilités d'amender les gènes avant la naissance d'un enfant affectent-elles les perceptions de soi et les relations familiales à l'avenir ? La conférence s'interrogera sur l'ambition de l'enfant à l'époque du «réel neuro-génétique» et des angoisses qui y sont liées. Il analysera également un certain nombre de cas juridiques où les parents allèguent que leur enfant a été créé à la suite d'une «naissance injustifiée».