Atelier "Suicide, genre et sexe" (Lille)

Atelier animé par: Dr Emmanuel Fleury et Dr Brigitte Lemonnier


Suicide, genre et sexe
 
En Inde, des femmes sont exposées à la violence de leur mari. Par leur immolation, ne protesteraient-elles pas contre l’horreur de cette situation ?
Ce n’est pas ce qu’aurait pensé la philologue Nicole Loraux1. Dans la tragédie grecque, le suicide est une « solution de femme et non un acte héroïque », affirme-t-elle. La pendaison surtout, comme celle d’Antigone étranglée dans le noeud de son voile. Où se redouble la féminité, car à la corde, les femmes savent substituer les parures dont elles se couvrent et qui sont autant d’emblèmes de leur sexe.
Il est donc légitime de se demander s’il existe un lien entre le suicide et la sexuation (le fait d’être un homme ou une femme).
Freud semble dans un premier temps, donner une valeur sexuelle aux moyens par lesquels on se suicide. Celui qui se pend «devient quelque chose qui pend de toute sa longueur», dit-il. Mais, s’il est possible d’en tirer une typologie sexuelle, celle-ci ne paraît pas forcément obéir à une loi universelle.
Lacan insiste plutôt sur le ratage, aussi bien dans la quête du partenaire que dans l’acte sexuel. Il se demande s’il y a de la jouissance à passer à l’acte2.
Freud semble le reconnaître dans un deuxième temps, quand il estime que l’acte suicidaire « accomplit » un désir sexuel. Il souligne l’ambiguïté de l’expression utilisée par sa jeune patiente homosexuelle3 pour désigner son suicide : « niederkommen ». Ce terme pouvant aussi bien désigner la chute que l’accouchement (« mettre bas » en allemand). Est-il donc possible de penser que la jeune homosexuelle ait réalisé un désir d’accouchement en se suicidant ?
Nous souhaitons suivre plus en détail les méandres de ces questions. Pour cela, nous aurons recours aux textes classiques de l’histoire de la psychanalyse, à nos propres observations cliniques ainsi qu’à celles des participants à l’atelier ainsi qu’aux récits de la mythologie, de la tragédie ou de la littérature.
 
1 Loraux N., Façons tragiques de tuer une femme, Hachette, Paris, 1985
2 Lacan J., Je parle aux murs, Paris, Seuil, 2011, p. 32
3 Freud S., « Sur la psychogenèse d’un cas d’homosexualité féminine », Névrose, psychose et perversion, PUF, Paris, 1974, note 2, p. 261
 
Le mardi soir de 21 h 15 à 23 h, les 20 novembre, 18 décembre 2012, 15 janvier, 12 février, 19 mars, 9 avril, 14 mai et 11 juin 2013.
À l’URIOPSS, Centre Vauban, 199-201 rue Colbert, immeuble Douai, 5ème étage, 59800 Lille, métro : Port Fluvial.