Atelier IV : Clinique psychanalytique de l'enfant (Lille)

L’obstacle du langage et l’entrée dans la psychose

Atelier animé par Jean-Claude Duhamel, Dr Emmanuel Fleury et Martine Vers
Assistantes : Aline Bourjot et Hélène Coesnon

Lundi 24 juin 2019

Au départ de sa vie, le petit enfant, qu’on qualifie souvent de nourrisson en accentuant la dimension de ses besoins, notamment alimentaires, est aussi, pour la psychanalyse, un infans, soit celui qui ne parle pas. Cependant, il écoute et apprend ainsi à parler une langue particulière, la langue dite maternelle. Lacan a insisté sur la singularité de l’entrée dans le langage de celui qu’il préfère, de ce fait, appeler «parlêtre» plutôt qu’ «être humain»: l’enfant est en effet marqué pour toujours par le désir et la jouissance de sa mère (ou de ses substituts, qu’on nomme: «l’Autre»). Et il en portera toute sa vie les stigmates, inscrits au cœur de ses fantasmes inconscients comme dans la chair de ses symptômes.
Le père, ou un tiers séparateur, permettra parfois de limiter les effets dévorants de ce désir. Mais pas toujours, ce qui pose la question de l’entrée dans la psychose, parfois dès l’enfance.
Or il n’est pas toujours facile de la repérer: l’objet de notre atelier sera de la cerner aux moments où l’enfant est confronté à divers challenges dans sa vie.
À l’école, des enfants qui savent lire et écrire ne comprennent pourtant pas le sens des phrases. Dans leurs relations aux autres, une parole prise à la lettre peut occasionner de graves malentendus voire de véritables drames et susciter des comportements auto ou hétéro-agressifs. Leur corps peut s’autonomiser d’une façon inquiétante au point que l’on voie apparaître des automatismes et des «phénomènes de corps». Parfois des délires précoces passeront pour une imagination trop débordante, bien qu’ils n’aient pas la même structure. Nous nous intéresserons aussi aux inventions que mettent en place les enfants pour pallier à divers phénomènes psychotiques et maintenir malgré tout des liens sociaux. Cela peut être, entre autres, une sensibilité à l’écriture, à l’art ou à la musique, ou encore une propension à investir les signes mathématiques ou les outils informatiques pour se protéger des équivoques du langage qui les embrouillent. Les repères théoriques de la psychanalyse freudienne, kleinienne et lacanienne, seront mis à l’épreuve de la clinique, à travers des cas empruntés à la littérature analytique ou à nos pratiques. Une large part sera laissée à la discussion après chaque exposé afin de favoriser les échanges entre les participants. Une bibliographie détaillée sera fournie lors de la première séance.

Le lundi soir de 20 h 45 à 22 h 30, les 8 octobre, 5 novembre, 10 décembre 2018, 7 janvier, 4 mars, 1er avril, 13 mai, 24 juin 2019. Locaux de la Sauvegarde du Nord, 23 rue Malus, 59000 Lille