Séminaire : La clinique à l’épreuve du faux-semblant (Toulouse)

Séminaire à Toulouse
21 février 2020

La clinique à l’épreuve du faux-semblant
Dr Éric Le Toullec

Au coeur du changement de paradigme annoncé par le passage à l’ère du numérique, la catégorie du virtuel est souvent présentée comme une notion incontournable de cette révolution. Ce bouleversement est souvent critiqué comme une fuite de la réalité mais, nous le verrons, il se révèle plutôt comme une modalité nouvelle de la perception.

Comment la psychanalyse peut-elle élucider les contradictions que recèle le virtuel ? Le virtuel comme concept s’apparente-t-il à un registre particulier, au sens où Lacan parlait du réel, de l’imaginaire et du symbolique ? Autrement dit, quelle est sa relation à l’inconscient ? Faut-il le situer à l’intersection plus ou moins partielle des trois registres ou bien s’agit-il d’un leurre, d’un faux-semblant ? L’idée d’un simulacre, d’un piège-à-regard est d’ailleurs très présente dans son acception courante, quand le virtuel est associé à l’usage des écrans informatiques. Pour les tenants de cette lecture axiologique, le virtuel conduirait alors à un registre dégradé de la vérité, comme à une sorte de catégorie perceptive « hors-sol ». Or, pour les psychanalystes, cette lecture dépréciative du virtuel pose tout de même le problème du maintien de la réalité comme évidence du monde extérieur. En effet, si le passage au virtuel contient bien l’idée d’un franchissement perceptif, la nature de celui-ci reste difficile à cerner. Et dans tous les cas il ne se produit pas en dehors d’une participation singulière de l’individu qui s’y soumet. Si l’image semble au centre de cette nouvelle modalité perceptive, la parole n’en est pas exclue.

Pour avancer dans l’interrogation de ce rapport entre subjectivité et virtuel, nous interrogerons la catégorie du regard comme objet a en nous appuyant notamment sur les développements théoriques de Lacan dans le Séminaire XI1, mais aussi en tentant d’élucider de nouvelles énigmes, liées au numérique, comme l’addiction aux écrans via les réseaux sociaux. Nous interrogerons également les effets subjectifs des aménagements du dispositif psychanalytique utilisés notamment pendant la pandémie : séances sur zoom, skype, au téléphone, etc.

Le virtuel, véritable pharmakon2 de notre modernité, fonctionne-t-il comme un outil à la fois remède et poison ?

Le séminaire est ouvert à toute personne intéressée, il se tiendra mensuellement à compter du mois d’octobre 2020. Le lieu et les dates restent à déterminer.

1 J. Lacan, Le Séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (1964), Paris, Le Seuil, 1973, p. 64-109.

2 Nous nous réfèrerons ici au travail de Derrida sur l’écriture/pharmakon et ses développements théoriques notamment à travers le concept de dissémination. J. Derrida,

Renseignements : Dr Eric Le Toullec,  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.