Atelier VI : L’intention inconsciente dans l’homicide et le suicide (Lille)

Atelier animé par Anne Adens, Dr Catherine Adins, Dr Brigitte Lemonnier et Monique Vanneufville

Mercredi 7 novembre à 21h15

Pour l’institution judiciaire, le caractère intentionnel d’un acte criminel constitue une question essentielle: s’agit-il d’un homicide volontaire ou involontaire? Ce qui n’est pas toujours facile à établir.
Quelle que soit la réponse judiciaire à cette question - dont elle ne conteste pas l’importance -, la psychanalyse s’intéresse à ce qui a conduit le meurtrier à son acte, qu’il apparaisse comme prémédité ou pas. Lacan parlait de la «causalité psychique1» pour montrer qu’il existe un ordre de causalité qui ne relève pas de l’intention consciente.
L’étude psychanalytique de la logique de l’acte passe alors par l’écoute et l’attention portée aux affirmations du meurtrier, même si la justice ne les prend pas en compte parce qu’elles lui semblent mensongères ou invraisemblables dans leur confrontation aux faits.
Le récit de la vie du criminel avant l’acte fait souvent apparaître à quel point le meurtre, même consciemment décidé, a modifié de façon décisive son auteur au point qu’il ne s’y retrouve plus après. Crises de dépersonnalisation intense, surgissement d’un délire complexe, deuil pathologique de la personne tuée surtout si elle avait été un objet d’amour, hallucinations du retour de la victime, désirs violents de suicide après-coup: voici quelques-uns des phénomènes psychopathologiques qu’on retrouve après un crime. Lacan a théorisé ce changement radical du sujet par son acte: il peut se manifester par l’impossibilité d’en retrouver les causes voire même d’en parler avant bien longtemps.
Pour Freud, l’inconscient brouille les pistes de l’intentionnalité. On le voit dans sa Psychopathologie de la vie quotidienne où le suicide est placé dans la rubrique des «méprises2», du «manqué», même quand il est réussi. Il introduit alors, en 1901, la possibilité d’une «intention inconsciente». Ainsi, selon lui, le désir inconscient de tuer quelqu’un d’autre serait toujours préalable au suicide. Étymologiquement, suicide signifie d’ailleurs homicide (de soi-même).
Autre brouillage de la causalité par l’inconscient: dans le crime par sentiment de culpabilité, il y aurait, à la source du crime actuel, l’aspiration à un autre crime, surgie des désirs œdipiens infantiles de parricide et d’inceste dont le criminel ne veut rien savoir.

Nous approfondirons ces questions par l’étude des textes de la littérature psychanalytique et criminologique qui sera confrontée à la présentation de cas cliniques, notamment par celles et ceux qui travaillent dans le milieu carcéral.

1 Lacan J., « Propos sur la causalité psychique » (1946), Paris, Écrits, Le Seuil, 1966, p. 151.
2 Freud S., Psychopathologie de la vie quotidienne, Paris, Payot, PBP, 1969, p. 173 et 194.

Le mercredi soir de 21 h 15 à 23 h, les 7 novembre, 5 décembre 2018, 9 janvier, 27 février, 20 mars, 24 avril, 22 mai, 5 juin 2019. 17 place du Maréchal Leclerc, 59000 Lille, 5ème étage, porte gauche (sonner à l’interphone Baldet Fleury), métro : Cormontaigne.

 
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