Atelier V : Suicide et homicide, deux actes de séparation ? (Lille)

Atelier animé par Lucile Charliac, Dr Brigitte Lemonnier, Monique Vanneufville

Mercredi 4 novembre 2020 à 21h15

   

« Je n’ai pas supporté la séparation » est un aveu souvent entendu après une tentative de suicide ou après un crime passionnel, alors même que le meurtre confronte son auteur à une séparation plus radicale que celle qui lui était insupportable, tandis que le suicide expose son auteur à une séparation fatale.

Une déception, la mort d’un proche, la perte d’un idéal peuvent constituer également des ruptures intolérables conduisant au suicide ou à l’homicide. C’est dire que la séparation hante ces deux actes, dans leur motif comme dans leurs conséquences souvent funestes : la prison pour certains et/ou la mort pour d’autres.

N’est-il pas surprenant de tuer la personne aimée dont précisément on ne supporte pas la perte, ou de se tuer alors qu’on n’accepte pas de lâcher celui ou celle qu’on dit aimer ?

Cette étrangeté n’échappe pas à ceux qui ont commis ces actes. Bien souvent ils nient en être l’auteur. L’un dira : « Je suis un monstre » ; un autre : « Je n’ai pas pu faire ça, je suis quelqu’un de bien » ; ou encore : « C’était pas moi, je n’avais aucune raison ».

Mais il n’est pas rare que le déni porte aussi sur la séparation irrémédiable que leur acte a produite ou, dans le cas du suicide, le risque qu’ils ont encouru de leur propre mort. Une jeune mère expliquait après avoir tué ses enfants qu’ils n’étaient pas morts parce qu’ils étaient immortels. Tel autre s’étonnait qu’on lui parle de suicide, alors qu’il s’agissait seulement d’oublier un instant une séparation douloureuse.

Pourquoi ces sujets ne peuvent-ils pas se réapproprier leur acte ? Pourquoi la séparation qu’implique le crime ou le suicide leur reste-t-elle étrangère ?

Mais de quelle séparation parlons-nous ? Quelle acception ce terme a-t-il pour la psychanalyse, chez Freud et chez Lacan ? Est-il un équivalent de perte, de rupture, de mort ?

Pour élucider ces questions, nous aurons à revenir sur la structure de l’acte1 et l’étude des textes relatifs à l’opération aliénation/séparation que Lacan développe dans son séminaire Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse2.

Des cas cliniques, la littérature et le cinéma nous serviront à explorer les conjonctures de séparation, et la réponse apportée dans chaque cas par chaque sujet.



1 J. Lacan, Le séminaire, livre X, L’angoisse, Paris, Le Seuil, 2004.

2 J. Lacan, Le séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Le Seuil, 1973.



Les mercredis de 21 h 15 à 23 h, les 4 novembre, 16 décembre 2020, 13 janvier,  10 février, 17 mars, 14 avril, 19 mai, 2 juin 2021.

Avant chaque enseignement, les codes zoom de la réunion seront envoyés aux inscrits par l’enseignant. 

 
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