Atelier VI : La jalousie, le meurtre et le suicide (Lille)

Atelier animé par Anne Adens, Dr Catherine Adins, Dr Brigitte Lemonnier et Monique Vanneufville

Mercredi 20 novembre à 21h15

     La jalousie a la réputation d’empoisonner la vie amoureuse, parfois jusqu’au meurtre ou au suicide. Les drames de la jalousie fascinent et ont toujours inspiré de grandes oeuvres. Qu’on se souvienne de la Médée d’Euripide, de l’Othello de Shakespeare, ou de la Tosca de Puccini : la jalousie pousse au crime.
     Pour Freud, la jalousie est aussi normale que le deuil, qui en est d’ailleurs une composante, puisque l’une comme l’autre touche à la perte de l’objet, qu’elle soit anticipée ou effective. Elle serait aussi un ressort essentiel du désir chez  certains hommes : le besoin de jalousie1.
     Lacan, quant à lui, instaure la rivalité de la jalousie dès la première identification de l’enfant à son image, cette concurrence jalouse laissera sa marque dans toutes les relations ultérieures du sujet.
     Souvent destructrice dans ses effets, la jalousie se déploie donc sous des incidences multiples : normale, projetée, délirante2 selon Freud, elle est essentielle à la constitution du sujet chez Lacan.
     Que recherche le jaloux qui torture son ou sa partenaire avec ses questions intrusives ? Est-ce la vérité ? Quant à la jalousie pathologique, voire délirante, le sujet a de toutes façons la certitude que l’autre le trahit, d’où la dangerosité de telles situations.
     Quelle est l’histoire de ces sujets qui ont tué ou ont tenté de se tuer par jalousie ? Les ressorts infantiles de l’amour peuvent-ils nous aider à retracer ce qui les a conduits au passage à l’acte ? La jalousie est-elle toujours indissociable de l’amour ? Et quel est son rapport à la haine ?
     La présentation de cas de la littérature comme de cas cliniques sera précieuse pour mettre au jour les conjonctures de déclenchement de ces passages à l’acte meurtrier chez des sujets jaloux, et pour étudier la logique qui les a conduits à de tels actes. Cette recherche s’appuiera conjointement sur l’étude des textes de la littérature psychanalytique et  criminologique.

1 Freud S., « Un type particulier de choix d’objet chez l’homme », La vie sexuelle, Paris, PUF, 1973, p. 49 (« Bedürfnis » - besoin - est le terme employé par Freud).
2 Freud S., « Sur quelques mécanismes névrotiques dans la jalousie, la paranoïa et l’homosexualité », Névrose, psychose et perversion, Paris, PUF, 1974, p . 271.


Les étudiants devront solliciter auprès des enseignants un entretien préalableà l’inscription, en raison de la nécessité d’une confidentialité très stricte.
Le mercredi soir de 21 h 15 à 23 h, les 20 novembre, 18 décembre 2019, 29 janvier,  12 février, 11 mars, 1er avril, 6 mai, 3 juin 2020.
Locaux de la Sauvegarde du Nord, 23 rue Malus, 59000 Lille.

 
contentmap_plugin