Chargement Évènements

« Tous les Évènements

Virtual Évènement
Série d'événement : Atelier V, Suicide et homicide

Atelier V, Suicide et homicide

2 juin 2027 : 21h00 à 22h45
Virtual Évènement

Le passage à l’acte, un faiseur d’embrouilles pour le sujet

Lucile Charliac, Dr Brigitte Lemonnier, Dr Geneviève Trichet, Monique Vanneufville

 

Une jeune femme mentionne une tentative de suicide à la fin d’un premier entretien avec un psychanalyste, la rejetant d’un « ce n’était rien ». Une autre décrit ainsi le moment où elle a poignardé son compagnon : « il y a eu un déclic. J’ai vu quelqu’un lever le bras, c’est comme si vous voyiez un film sans bruit, un bras qui se levait et s’abaissait plusieurs fois. ». Elle souligne ainsi la part d’énigme de tout passage à l’acte.

Le passage à l’acte suicidaire ou meurtrier fait apparaitre régulièrement l’impossibilité pour son auteur de se réapproprier son acte, le balayant d’un « je ne voulais pas mourir » après une tentative de suicide, ou d’un « je n’ai pas pu faire ça » après un acte meurtrier.

En 1901, Freud range l’acte suicidaire dans la catégorie des « méprises » en tant que réalisation d’un vœu de mort inconscient envers une autre personne, en contradiction avec l’intention consciente qui s’y rattache.

Cette méprise de la causalité par l’inconscient se retrouve aussi dans certains crimes que Freud a étudiés : le crime par sentiment de culpabilité dans lequel le criminel accomplirait son forfait pour se punir d’un autre crime qu’il suppose inconsciemment avoir commis, mais dont il ne veut rien savoir.

Pour Lacan, c’est une autre modalité qui est à l’œuvre. Dans le passage à l’acte, qu’il soit suicidaire ou meurtrier, il y a une exclusion radicale du sujet au moment de l’acte.  L’acte vient à la place de la parole, ce dont témoignent dans l’après-coup certains phénomènes cliniques : sentiment d’étrangeté, état de sidération, parfois de dépersonnalisation, voire de mutisme.

D’où l’embrouille qui en résulte pour le sujet qui n’est plus le même qu’avant son passage à l’acte : il voulait seulement dormir et a finalement tenté de se suicider, elle voulait sauver ses enfants et pourtant elle les a tués.

À partir d’exemples cliniques, on s’attachera à rechercher ce qui a pu conduire un sujet à de tels actes, qu’on ne peut déduire qu’à partir de ses dits, des interprétations qu’il donne de son histoire, de l’objet qu’il a été pour l’Autre.

 

1 G. Morel, Tueuses, Toulouse, érès, 2024, p. 62.

2 Freud S., Psychopathologie de la vie quotidienne, « Méprises et maladresses », Paris, Payot, 1971, p.  199.

 

Atelier en visioconférence (Zoom).

Détails

Organisateur

Association Aleph
Association Savoirs et Clinique
Association CP-Aleph