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Atelier VI Art contemporain et psychanalyse

19 novembre 2027 : 9h30

Garder la main sur la machine ?

Diane Watteau

Dès les années 50, Jean Tinguely lance ses Méta-Matics, des machines à dessiner.

ELIZA, le premier chatbot développé en 1966 par Joseph Weizenbaum au MIT, reproduisait des échanges en s’appuyant sur des réponses préprogrammées. Sa version la plus connue imite un psychothérapeute grâce à un script appelé DOCTOR. Inquiet sur sa création, Weizenbaum pose ensuite les bases de l’éthique de l’IA dans Computer Power and Human Reason (1976). Le développement de plus en plus grand public des IA génératives crée la peur de perdre la main sur la machine.

Dans le film Her de Spike Jonze, un homme tombe amoureux de la voix d’une IA, illustrant une révolution culturelle encore en cours. Au Japon, on épouse des avatars. Les outils comme ChatGPT ou Midjourney, généralisés depuis 2022, démocratisent la création automatisée, bouleversant les pratiques artistiques et les notions d’auteur ou d’originalité.

Yann Diener fait dialoguer Lia, une IA, avec un chercheur. Marie José Mondzain crée un « monologue hybride » avec l’IA qui explicite son fonctionnement : « En tant qu’IA, je ne peux pas me souvenir des conversations précédentes ou reconnaître les individus d’une session à l’autre. (…) vous êtes nouveau pour moi à chaque fois que nous entamons un échange ».

Des artistes comme Morgane Baffier, conférencière performeuse, explorent les limites de l’IA dans des théories absurdes. Gwenola Wagon et Pierre Cassou-Noguès coécrivent avec des IA des annonces immobilières pour interroger l’habitat numérique. Anne Horel archive ses échecs d’IA, sa Belle au bois dormant annonce le retour désiré de l’utopie.

Les IA soulèvent des questions : capitalisme de surveillance, éthique, ou encore frontière entre réel et simulé. La relation homme-machine pose la question des limites et de leur dépassement à travers la simulation. La philosophe Catherine Malabou ne craint pas le rôle pris par l’IA dans notre vie, elle espère « une machine vraiment intelligente qui serait une machine anarchiste, c’est-à-dire qui produirait de la surprise » (la capacité de l’IA « à enquêter sans cesse » penserait John Dewey).

Albertine Meunier demande à Claude, l’IA d’Anthropic, de prendre la voix de Duchamp, Perec et Orwell, pour analyser son historique Google, dans un livre intitulé My Google Search History. Son retour au papier et au livre devient évident. « Ma recherche consiste à m’intéresser à tout ce qu’une machine ne sait pas qu’elle fait », dit-elle.

Elle viendra nous parler de son projet.

 

1 S. Jonze, Her, film, 2h06, USA, 2014.

2 Yann Diener, L’inconscient inculqué à mon ordinateur, Paris, Premier Parallèle, 2025.

3 M. J. Mondzain, Peine Kapital. Monologue avec l’intelligence artificielle, Mesnil-sur-l’Estrée, La fabrique, 2026.

4 C. Malabou, Métamorphoses de l’intelligence : Que faire de leur cerveau bleu?, Paris, PUF, 2017.

Deux jeudis de 20 h 45 à 22 h 30, les 12 novembre 2026 et 21 janvier 2027.

 

Par visioconférence (Zoom).

Détails

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