
Séminaire théorique : le devenir du psychanalyste : Le transfert
Le devenir du psychanalyste : le transfert
Mohamed Nechaf, Antoine Verstraet, Bénédicte Vidaillet
Destiné notamment aux analystes en formation, mais aussi à ceux qui commencent à recevoir des patients comme à ceux qui sont des psychanalystes « confirmés », ce séminaire décline année après année les thématiques fondamentales de la psychanalyse pratique : l’entrée en analyse, le transfert, le contrôle, etc. à travers les œuvres marquantes de l’histoire de la psychanalyse (Freud, Lacan, Klein, Bion, Winnicott et d’autres théoriciens contemporains). Chaque séance sera animée par un enseignant de Savoirs et clinique.
Après « L’entrée en analyse » en 2025-2026, le thème choisi cette année est « Le transfert ».
Inventé par Freud, le transfert désigne ce mécanisme constitutif de la cure analytique par lequel les désirs inconscients de l’analysant trouvent leur centre de gravité et s’incarnent dans l’analyste. Freud a fait équivaloir amour et transfert : si l’amour est le signe du transfert, il est aussi le lieu où la cure trouve ses axes de résistances.
D’autres psychanalystes ont modulé ces caractérisations. Mélanie Klein conçoit le transfert comme la remise en jeu, pendant la séance, de la totalité des fantasmes inconscients du patient. Selon Jacques Lacan, le phénomène du transfert doit s’envisager dans sa disparité subjective, sa prétendue situation, ses excursions techniques. Il rappelle en1958 que la notion de « contre-transfert », qu’il définit comme la somme des préjugés du psychanalyste, ressort d’une impropriété intellectuelle. Le transfert du patient vers l’analyste n’induit a priori aucune symétrie : il n’y a pas de réciprocité dans l’itération de ce lien électif qui porte l’analysant vers cet autre qu’il « aime », au sens de l’amour de transfert.
En 1964, Lacan a fait du transfert l’un des quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse à côté de l’inconscient, de la répétition et de la pulsion. Il le définit alors comme la mise en acte, par l’expérience analytique, de la réalité de l’inconscient. L’entrée en analyse est supportée par l’algorithme du « sujet supposé savoir », inventé en 1967. Quelqu’un est conduit à demander une analyse à cause de la souffrance de ses symptômes. Il suppose un savoir inconscient attaché à ces derniers, qu’il va déplier dans la cure en mettant l’analyste à la place d’un objet singulier, l’objet a, qui cause son désir dans le fantasme.
Lors de notre séminaire, nous étudierons les différentes conceptions théoriques du « transfert » et tenterons de les éclairer et de les interroger grâce à la clinique.
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Date |
Titre de l’intervention |
Enseignant(e) |
| 10 octobre |
S. FREUD : « La dynamique du transfert » et « Observations sur l ‘amour de transfert » |
Isabelle Baldet |
| 14 novembre |
M. KLEIN : Le transfert et autres écrits |
Claudine Biefnot |
| 9 janvier |
J. LACAN : Le sujet supposé savoir et l’algorithme du transfert |
Eric Le Toullec |
| 3 avril |
J. LACAN : « La direction de la cure et les principes de son pouvoir » |
Marie-Amélie Roussille |
| 22 mai |
J. LACAN : Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Le Séminaire livre XI, leçons des 15 et 22 avril 1964 |
Antoine Verstraet |
| 19 juin |
Modalités du transfert et institution : le transfert dissocié selon Jean Oury |
Mohamed Néchaf |
| Les questions et débats seront animés par Mohamed Nechaf, Antoine Verstraet, Bénédicte Vidaillet | ||
2 J. Lacan, « La direction de la cure et les principes de son pouvoir, in Ecrits II, Paris, Seuil (Poche), 1970, p.62
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